Depuis le 12 décembre 2025, une avancée majeure a été franchie dans la lutte contre les cancers liés aux papillomavirus humains (HPV). Le vaccin Gardasil 9, autrefois limité au rattrapage jusqu’à 19 ans, est désormais pris en charge par l’Assurance Maladie pour tous les jeunes adultes jusqu’à 26 ans révolus.
En tant que professionnels de santé, nous ne pouvons que saluer cette décision qui renforce l’arsenal préventif contre des pathologies lourdes, dont certaines nécessitent, à terme, des interventions chirurgicales complexes.
Pourquoi cette extension de remboursement est-elle cruciale ?
Les infections par le HPV sont extrêmement fréquentes dès le début de la vie sexuelle. Si l’organisme parvient souvent à éliminer le virus naturellement, ce dernier reste responsable chaque année en France de :
- Environ 6 400 nouveaux cas de cancers (col de l’utérus, anus, ORL, etc.).
- Près de 35 000 lésions précancéreuses, dont le traitement chirurgical est parfois indispensable pour éviter une évolution maligne.
Initialement réservé aux plus jeunes, le remboursement du vaccin s’élargit aujourd’hui pour offrir une « seconde chance » de protection aux jeunes femmes et hommes qui auraient manqué la fenêtre de vaccination durant leur adolescence.
Ce qu’il faut savoir sur le nouveau protocole de rattrapage
Suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) publiées en mai 2025, les modalités pour les 19-26 ans sont les suivantes :
- Le schéma vaccinal : Contrairement aux deux doses requises chez les plus jeunes, le rattrapage après 14 ans nécessite 3 injections (à M0, M2 et M6).
- La prise en charge : L’Assurance Maladie rembourse le vaccin à hauteur de 65 %. Le reste est généralement couvert par les mutuelles complémentaires.
- L’accessibilité : Pour faciliter le parcours de soin, la prescription et l’injection peuvent être réalisées par une large palette de professionnels : médecins, chirurgiens, sages-femmes, infirmiers ou pharmaciens.
L’importance de la précocité
Bien que ce remboursement jusqu’à 26 ans soit une excellente nouvelle, la HAS rappelle que la vaccination entre 11 et 14 ans reste la stratégie de référence. À cet âge, l’efficacité immunitaire est optimale et le schéma vaccinal est simplifié (2 doses suffisent).
Il est également important de noter que pour les élèves de 5ème, les campagnes de vaccination en milieu scolaire permettent une prise en charge intégrale (100 %) par l’Assurance Maladie.
Le mot de votre chirurgien
La chirurgie intervient souvent lorsque la prévention a échoué ou n’a pas pu être mise en place. En étendant la protection vaccinale contre le HPV, nous espérons réduire significativement le nombre de patients devant faire face à des lésions précancéreuses ou des cancers évitables.
N’hésitez pas à aborder le sujet lors de votre prochaine consultation pour faire le point sur votre situation ou celle de vos enfants.